22 mars 2018

Premières impressions à Lyon

Il me semble que notre vie dans le Nord est terminée depuis une éternité, c'était pourtant il y a à peine 9 semaines. 

Nous sommes partis une nuit de janvier à deux, mon bébé et moi, c'était la grande aventure: rouler de nuit sur des routes sombres du Nord, traverser des départements inconnus au bataillon, arrivés dans un hôtel sobrement appelé " Le Montréal " avec mon grand bébé endormis à 22 heures passées. Puis une deuxième journée de route, plus longue, plus compliquée pour Ulysse qui a commencé à chouiner. Nous sommes finalement arrivés chez une vieille amie de Master. Sa maison à Villefranche-sur-Saône a été le tout premier contact avec ma nouvelle vie lyonnaise. Les retrouvailles furent très agréables et comme je l'avais prédit nous nous sommes revues deux fois depuis et nos rencontres sont toujours très chouettes. Ça matche bien entre nous! Une bouffée d'oxygène et d'amitié pour nous deux mais aussi pour les enfants dont je reparlerai bientôt.

Je me souviens de mon arrivée à Lyon vers la cité internationale, je me souviens de m'être dit que ce paysage serait bientôt une scène connue de mon quotidien, je me souviens que c'était beau de voir le relief vu du bord du Rhône. Quelle belle ville! Je me souviens qu'il faisait assez gris ce jour-là. J'ai retrouvé ma mère devant la porte de l'immeuble tout au bout de la rue de Créqui et nous sommes montées avec Ulysse dans un appartement encore vide. Les déménageurs sont arrivés une heure plus tard et petit à petit, l'appartement s'est rempli de meubles et de cartons. Ma mère s'est démenée toute la journée pour ranger, organiser, nettoyer, faire du Tetris avec nos affaires. J'ai senti un peu la lourdeur des prochaines semaines à la vue de ces montagnes d'affaires entassées un peu partout. De l'excitation mêlée à de l'impatience et un poil de terreur aussi. L'homme et Camille sont arrivés tard le soir de cette première journée, à bouts de nerf pour le premier, endormi pour le deuxième. Je me souviens de l'air un peu "satisfait" de Camille quand il est arrivé pour la première fois chez lui (sa 4ème maison déjà).

Le quotidien a beaucoup changé. Nous vivons en appartement, je ne prends quasiment plus ma voiture sauf pour aller chercher des courses une fois par semaine (d'ailleurs, parlons-en tiens des courses, c'est encore bien le bazar de ce côté-là, je n'ai pas encore vraiment trouvé ma routine et entre L*clerc, A*chan et L*ddle, je m'y perds. J'avais mes habitudes bien rodées à Lompret. Dans le 6ème il me tombe un bras à chaque fois que je rentre dans une supérette!), je marche beaucoup BEAUCOUP, je suis toujours à poussette avec mon Ulysse qui bloque les voitures comme jamais. Je prends le bus, le métro, je me perds dans le quadrillage urbain. La Poste, la boulangerie (la meilleure du 6ème paraît-il), l'école, le parc devant l'église et l'autre plus loin vers le métro, voilà c'est ça... c'est ça mon quotidien. 

La journée s'écoule avec les petites choses de tous les jours comme elle s'écoulait à Lompret sauf que... pour le moment ici je n'ai pas d'ami-e-s chez qui aller à n'importe quel moment. Alors heureusement qu'il y a des applications magiques qui permettent d'entendre des voix amies, des supers copines lointaines qui tous les jours m'envoient de bonnes ondes de courage, une tonne d'amour et des questionnement sur la vie, le couple, les enfants, la pédagogie, la nouveauté, les voyages... Mon dieu, que serai-je sans ses voix? Sans ce soutien inconditionnel. 

Le soir, l'homme rentre et parfois je suis tellement déçue de ne pas pouvoir lui raconter des choses plus exaltantes sur ma journée. C'est le syndrome de la femme au foyer puissance 1000. Lui, semble avoir le poids du monde sur les épaules et je sais qu'il ne me dit pas le quart de la moitié de ses angoisses et problématiques quotidiennes car c'est un homme et que cet homme-là ne se plaint pas. Alors quand il a fini de lire l'histoire du soir de Camille et que j'ai réussi la tâche complexe de coucher ce deuxième diablotin, je vois ses épaules qui affaissent et son air "est-ce qu'on va y arriver?" puis un sourire, de gros soupirs de fatigue alors on s’enlace en se disant qu'on est une équipe et qu'on y arrivera. 

Il n'y a rien de facile dans les débuts d'une nouvelle vie, on est heureux d'avoir sauté le pas, d'avoir quitté une région qui ne nous correspondait pas, de s'être rapprochés de nos familles, de retrouver une ville qu'on connaissait et qu'on aimait déjà il y a longtemps mais il faudra peut-être encore quelques mois avant de nous dire " c'est chez nous" et " Et si on restait vraiment longtemps?". Il y a les espoirs, les doutes, les insomnies, les angoisses, les joies, les problématiques, les mélanges d'émotions qui nous tiraillent.

Déjà, après 2 mois, on voit se dessiner des petites choses. Camille semble s'être bien adapté à l'école et ma mutation a été acceptée dans le département. Concrètement, je devrais avoir un poste à la rentrée prochaine. Ulysse n'est toujours pas en crèche, nous n'avons pas eu de place pour la commission de mars, on attend celle de juin. J'ai trouvé deux personnes pour garder les enfants le soir, nous commencerons donc à sortir un peu dès la semaine prochaine. L'homme est à San Francisco pour la semaine et je me réjouis de le revoir dans deux jours pour connaître ses succès.

Nous entrons dans le printemps... j'ai le sentiment que l'hiver est infiniment long cette année (il a bien neigé au début de février!), que le froid est saisissant, glacial, polaire, mordant. Je n'en peux plus de ce temps, de ce vent! Dans deux semaines commencent les vacances scolaires, après un week-end un peu spécial dont je ne dirai rien pour le moment, nous partirons quelques jours dans le sud comme nous l'avons fait en février. Une fois tous les deux mois, c'est une bonne moyenne. C'est le luxe d'être ici: mettre les enfants dans la voiture, une valise pour nous trois, le CD de comptine et 3 heures et demi de route plus tard, me retrouver avachie dans le salon de ma mère, dans mon petit village de l'Hérault, le petit paradis de mon enfance.

Quelques photos de ces débuts:

Ulysse, à l'hôtel le Montréal

Un peu fatigués mais contents de se lever

Le petit-déjeuner de l'hôtel

Ma mère et Ulysse dans l'appartement vide

Premier bain

Premier matin sur la table de jardin (lol)

l'emménagement



Premier repas du soir

Les pélicans du parc de la Tête d'Or


La visite de papi et mamie des Cévennes le deuxième week-end

Nouveau terrain de jeu pour les voitures

Une découverte à chaque sortie

On commence à voir de la complicité entre-eux

La prochaine fois, avec un peu de courage, je parlerai de nos magnifiques vacances de février dans le sud et comme il a été dur de repartir après un tel apaisement de l'âme! A bientôt. 

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