28 sept. 2015

Septembre 2015, on s'en souviendra.

Je suis rouleau compressée...

Un mois, j'ai commencé depuis un mois et déjà je suis au fond du gouffre, épuisée, lessivée, chamboulée et je me questionne vraiment. Suis-je faite pour ça ? Suis-je faite pour enseigner ? Éduquer ?

Reprenons depuis le début, parce que tout n'est pas si noir. Il y a de belles choses, de belles personnes, un super environnement de travail, des enfants/élèves très attachants, tout pour que ça roule, tout. Je suis à 20 minutes de la maison.

Septembre 2015, je m'en souviendrai.

Ma première vraie rentrée d'enseignante, ma première classe à moi toute seule.
La rentrée de Camille.
Un déménagement.
Un gros coup dur niveau professionnel pour mon homme.

Ça suffit pour vous faire une idée de l'enfer qu'ont été ces dernières semaines ?

Je suis tellement dépitée, dépassée, submergée... que je ne sais plus ce que je veux faire de ma vie. MOI ! J'ai toujours su ! J'ai toujours eu mille idées à la seconde, mille projets en attente d'éclore, mille choses en moi qui sommeillent.

Zéro pointé. KO.

J'ai perdu ma joie de vivre. Comment fait-on pour gérer une maison, une famille et deux boulots à plein temps ? Comment font les gens ? Oui, vous là, VOUS ! C'est quoi la magie là ??? Parce que nous, on est nuls, nuls, nuls, nuls à chier. Enfin, non, moi surtout. Mon homme, il assure. Enfin, là, il est aussi sur les rotules et démoralisé du boulot mais il a une énergie incroyable, il baisse jamais les bras.


Ma rentrée: grosse remise en question.

Commencer en tant que titulaire est difficile, tout le monde me le dit, me rassure : «  Ça passera ! C'est normal ! Ne t'inquiète pas ! »

Non, ça ne passera pas, pas avant plusieurs années. Ce boulot est un puits sans fond, un travail de dingue, une préparation en amont et en aval sans relâche. Peut-être suis-je trop exigeante, peut-être que j'idéalise trop ce métier?

6 heures-23 heures, pas de répit. Une suite d'actions, de rangement, d'ordre, d'organisation, de tâches... et le temps passe vite, sans que je profite de ma vie de famille, de mon fils, de mon homme, des week-ends, des soirées.

Les temps de classe sont toujours agréables mais...

...mais la posture que je suis censée avoir ne me ressemble pas. Ce n'est pas moi, ce n'est pas ça que je veux être. Je parle peut-être sous le choc de ce mois passé, je changerai peut-être d'avis, je m'y ferai peut-être mais j'en doute.

Mes collègues sont en or, des gens bienveillants, des gens qui me soutiennent, qui me parlent, qui rient, qui se connaissent depuis plus de 10 ans, des enseignants compétents. Une enseignante qui m'aide quotidiennement, qui me parle, qui me pousse, qui croit en moi. J'ai envie de lui faire un câlin là tout de suite.

Et moi, je craque complètement. C'est trop, je n'en peux plus.

J'ai pris une semaine, peut-être plus. Je vais me reposer, je vais ranger ma maison. Je vais reprendre mes préparations et je vais m'y remettre mais je ne sais pas, je n'y crois plus là.


Jamais je n'ai douté autant de mon futur professionnel qu'aujourd'hui. Je ne sais pas si je dois m'accrocher ou abandonner. Je vais tenir encore pour ces gamins et puis pour nous, je ne peux pas tout arrêter d'un coup. 

Je ne sais pas quoi faire.


Camille et la rentrée.

Le petit bonhomme en a bien bavé aussi. Il nous a fait payer le peu de temps passé avec lui, les deux gros changements : maison et école. Je ne vais pas m'étendre mais j'ai presque regretté de l'avoir mis à l'école, je me suis même vu le retirer et le remettre à la crèche, là où on prend soin de lui, là où même s'il bouge/court/crie/jette des objets, on parle de lui comme un enfant heureux et non perturbateur. 

La maîtresse est bien. Les dames de garderie, cantine et ATSEM aussi. Toutes un discours plutôt bienveillant mais ce putain de système où il faut rentrer dans le moule me met en rogne ! Pourquoi à la fin d'une journée, revient-on sur le petit qui ne tient pas en place sur le banc ? Mais merde, il n'a pas 3 ans et il faut qu'il arrête de vivre ?

Une amie m'a dit de lui faire confiance, qu'il allait s'y faire, qu'il est plein de ressources. Moi je me demande s'il va être heureux à l'école.

Il mord.

Il n'avait jamais mordu.

C'est quoi ce gros binz ?

Aujourd'hui, il est sorti de la classe si fier d'avoir été sage, c'est la première chose qu'il m'a dite! Heureux! " Maman, j'ai été sage aujourd'hui!" Il fait tellement d'efforts... tellement!


Il fallait que ça sorte. Peut-être qu'après ça ira mieux, que je pourrai reprendre ma vie en main.


La nouvelle maison dans ce petit village près de Lille

Il y a de belles choses aussi, nous sommes maintenant dans une belle et grande maison dans un village qui ne compte pas plus de 2400 habitants. Fini l'appartement citadin à 5 minutes de Lille. Nous sommes dans le Wisteria Lane du nord de la France. Les quatre baies vitrées du salon donne sur un jardin dans tous les tons de vert, le calme est prégnant. Le quartier est résidentiel, l'école de Camille à 4 minutes à pied.

Une pharmacie au bout de notre rue, une église, une mairie, la bibliothèque et l'école. C'est tout. Quelques roulottes viennent le mercredis et vendredis : fruits et légumes, pains bio, fromages, pizzas. Les champs de blé tout autour, les vaches, les fermes... J'aime ce décor. Je m'y sens bien.

La maison est spacieuse, on la meuble petit à petit, vintage et art déco me dit mon homme. Je ne suis pas regardante du style mais ça me plaît, je me sens bien dans ce nouveau cocon. La cheminée, les escaliers, les quatre chambres, les deux salles de bain. C'est presque trop pour nous trois. Tant pis, on se fait plaisir. Le jardin, les parties de foot avec Camille, la balançoire...!

Pour le moment, c'est encore bien en désordre, le nécessaire est accessible mais il manque quelques meubles de rangement, des petites choses qui nous ferons nous sentir chez nous. On avance, petit à petit... 

Là, ce soir, je me sens un tout petit plus légère, mais j'ai l'impression d'avoir l'Everest devant moi et d'être en tong! 

4 commentaires:

  1. Je compatis... et te comprends. Les enfants réagissent forcément aux changements de vie, ça ne veut pas dire qu'il ne sera pas heureux! C'est de toute façon ce qu'il faut se dire (et j'y crois), car on ne peut pas les épargner des bouleversements que peut leur réserver la vie.
    Courage So! Ça arrive à tout le monde d'être découragé, d'être au bout du rouleau. Tiens bon encore quelques temps et tu seras toujours libre de changer de métier si ça ne te plait pas.
    Gros bisous et bon courage!

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  2. Dans ton message, ça commence dur et puis, ça s'adoucit: il n'y a pas que du mauvais. Les changements, c'est dur, ça fait mal. C'est comme un accouchement, c'est douloureux, on se demande si on voulait vraiment ça, mais on ne peut pas s'arrêter en chemin, il faut finir.
    Tu n'es pas nulle, vous n'êtes pas nuls. Tu fais des choses difficiles et tu as des principes et des idéaux qui parfois ne collent pas bien avec la réalité. Prends les problèmes les uns à la fois. Accepte de dire (d'écrire !) "Ça ne va pas, j'ai besoin d'aide". Saisis les mains tendues.
    Je compatis aussi, j'ai vécu un peu ça après la naissance de ma première fille: gros coup de mou professionnel (mais qu'est ce que je fous là ?), problèmes de santé, de moral, qui se répercutait dans le couple.
    Ne tire pas de conclusions trop définitives sous le coup de la fatigue et du découragement: rassemble toi, fais de ton mieux et les conclusions viendront d'elles-mêmes.
    Courage !

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  3. Bon courage! J'espère sincèrement que le mois d'Octobre sera meilleur. Bon repos.

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  4. :/ Courage :/
    Accorde toi qques séances de sophrologie. Déjà dans un premier temps ça apaise. Et ensuite ça permet de se recentrer et de laisser émerger son intuition, quand on est paumé c'est très utile. (sans parler des possibilités d'énergie, de positif et d'optimisme retrouvés)
    Plein de bisous
    Mél

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