14 mars 2015

Suivre ses intuitions professionnelles

Bon, j'ai craqué, voilà... il fallait bien que ça arrive. J'ai cliqué sur ce lien, j'ai lu le blog de cette femme, nous avons échangé quelques mails, j'ai fait un chèque et j'ai rempli le bulletin d'inscription. Depuis que j'ai posté la lettre, je me sens toute légère, comme si j'avais fait un pas dans la bonne direction, comme si j'avais écouté des anges qui soufflaient à mon oreille, comme si c'était le chemin qui m'attendait depuis le début. 

Depuis un an environ, l'époque où je préparais le concours, je lis beaucoup sur la psychologie et le développement de l'enfant. Je lis beaucoup sur la maternelle et j'approfondis mes connaissances très basiques sur cette femme Maria M. 
Quelle femme! Un docteur, une pédagogue, du début du 20ème siècle, une vraie précurseuse dans la remise en question de notre système éducatif. Ces ouvrages sont toujours d'actualité un siècle plus tard.

Cette année, je suis dans le vif du sujet, je suis sur le terrain et je ne m'y sens pas aussi à l'aise que j'aurais pu l'imaginer, je crois que je cherche mon style et que certaines contraintes m'empêchent d'être celle que je veux être. Je ne me reconnais pas dans cette maîtresse frontale qui décide de tout, qui impose l'enseignement de telle matière à telle heure... je vois bien que les enfants ne sont pas motivés, je vois bien que seulement les bons suivent le rythme et je fais quoi moi pour les autres? Ceux qui ne s'intéressent pas, ceux qui restent assis sur leur chaise à écouter des choses auxquelles ils n'y voient aucun intérêt. Comment je leur donne le goût d'apprendre, le goût de l'effort? Comment je leur montre que travailler c'est agréable, que ce n'est pas un poids? Regardez-les ces petites têtes blondes et brunes... obligées, contraintes... qu'est-ce qui se passent là-dedans?

Je vais remettre la vidéo de Céline Alvarez car elle éclaire mes propros, et si les 14 minutes vous semblent longues, regardez simplement à partir de 4:55 et voyez ce que je voudrais voir dans une classe. 




Honnêtement, pour le moment, à part connaître les grandes idées de Maria Montessori, je suis loin d'être montessorienne comme certaines aiment à se nommer. Mais dès le début du mois de juillet, je pourrai enfin découvrir les merveilles d'une classe Montessori et parler avec ces femmes enseignantes qui ont la même envie que moi: se former à la maternelle.


La formation dans son ensemble est coûteuse et longue, je me contenterai donc de cinq petits jours en juillet. Cinq petits jours loin de mon fils (mais comment vais-je survivre? lol), Cinq jours qui me donneront plus de cordes à mon arc de maîtresse. 


Cinq jours qui m'aideront, je l'espère, à faire une belle rentrée en septembre. Même si je ne sais pas encore à quelle sauce l'éducation nationale va me manger? Où vais-je atterrir? Dans quelle école et quel niveau? Brigade? Fin fond du département? SEGPA? J'en frisonne à l'avance. Notez le grand écart de mes émotions, alors que la formation me fait vibrer, me fait briller les yeux, je frisonne de ce que mon employeur va faire de moi. 

Est-ce que c'est normal de ressentir ça?

Je termine cet article avec quelques citations que j'ai relevées hier dans "L'esprit absorbant" de Maria Montessori.

" Avant 6 ans, notre oeuvre d'adulte ne consistera pas à enseigner mais à aider l'esprit de l'enfant dans le travail de son développement. " (page 28)

" L'enfant est naturellement enthousiaste; il est heureux."

" L'enfant né avec la psychologie d'un conquérant du monde. "

" Le premier pas de l'éducation est de pourvoir l'enfant d'un milieu qui lui permette de développer les fonctions à lui assignés par la nature. Cela ne signifie pas que nous devions le contenter et lui permettre de faire tout ce qui lui plaît mais nous disposer à collaborer avec l'ordre de la nature. Ce développement s'effectue par les expériences propres de l'enfant " (page 74)

" L'enfant cherche l'indépendance par le travail: indépendance du corps et de l'esprit."

" L'enfant agit sous une impulsion vitale dictée par la nature, ce n'est pas l'effet de nos suggestions qui le stimule". (page 75)

8 commentaires:

  1. Eh bien... Bonne formation! Même si ce n'est que 5 jours, j'espère que tu vas apprendre plein de choses qui vont te servir dans ton métier. J'ai vérifié: à côté de chez nous (5 minutes à pied) c'est bien une école Montessori (bilingue je crois)! Et si tu venais faire un stage ici? Ahah, je rigole... :)

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    1. Oh! Mais si je pouvais! Je le ferai!
      Bilingue, bien sûr! Un des principes montessoriens!
      Privé ou public?

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    2. Je ne savais pas qu'il en existait des publiques... J'avoue que je ne sais pas, mais vu le logo, la "marque" Montessori, ça ressemble plus à du privé...

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    3. Certaines écoles n'ont que le nom... et une grande inspiration montessori sans vraiment l'être à 100% et c'est déjà pas mal! :)

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  2. Je suis contente que tu aies franchi ce premier pas, c'est tellement plus toi c'est clair!!! Bises!

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  3. Félicitations pour avoir sauté le pas ! Je te souhaite aussi une bonne formation et de découvrir ce que tu cherches ...
    La vidéo me fait beaucoup penser à "mon" école à KL ... (sauf pour la couleur de peau des enfants !!! :-D). Et oui, quand on est témoin de ça, on a la conviction, au plus profond de soi que ce que l'on fait est "juste". Pas pour soi, mais pour eux. Et je suis fière d'avoir pu témoigner de ça, pas pour des enfants "favorisés", mais pour des petits qui étaient vraiment (vraiment) mal partis ...
    Est-ce que je peux te demander où est-ce que tu vas faire ta formation ?
    Bises de Shanghai (et je réponds vite vite à ton dernier email, pendant que mon vpn trompe l'ennemi !!!)

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  4. Bravo à toi pour cette étape ! Ce cheminement ne m'étonne pas de ta part, au vu de ce qu'on connaît de ta personnalité à travers ce blog :)
    Je retrouve dans tes propos l'une des raisons pour lesquelles j'ai quitté l'éducation nationale quelques mois après avoir eu le concours. Pas à l'aise avec le statut autoritaire que j'avais pour des tout petits, avec l'incompatibilité des attentes de l'inspection et la réalité du terrain (faire une fiche de prép pour le moindre atelier domino, hum hum), l'impression de perdre un temps fou pour des futilités et de passer à côté de ce qui me semblait être la mission d'une maîtresse d'école...
    Du haut de mes 22 ans à l'époque, je me sentais perdue et pas à la hauteur pour gérer tout ça, j'ai préférer voguer vers autre chose.
    Si de ton côté tu as l'envie d'évoluer vers la pédagogie montessori, fonce ! C'est pour les gens comme toi que je continue à croire aux enseignants :)

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