2 oct. 2014

Cette dernière journée d'insouciance

Cette dernière journée je m'en souviens comme si c'était hier.

Je me suis levée ce matin-là avec une vague inquiétude car la nuit j'avais senti quelque chose de différent. J'en ai parlé à mon homme mais dans un demi-sommeil je ne voulais pas le stresser plus que ça et lui assurais que tout allait bien. 

J'avais cours à 9 heures avec un groupe de taiwanais dont le niveau me permettait de faire des mini-débats de français sur l'amour, la liberté, le travail... Ce matin-là, on travaillait sur des structures de phrases, je ne me souviens plus lesquelles mais je sais que chaque étudiant avait noté sa phrase sur un papier que je devais corriger pour la fois prochaine. Agréable souvenir.

Je n'ai jamais corrigé leur phrase, je n'ai jamais revu leur classe. Une classe que j'avais suivie pendant de longs mois, ce mardi-là, c'était la dernière fois.

Le midi, j'avais rendez-vous avec mon amie E. française et professeur de français à l'université. Comme d'habitude, nous allions bruncher dans un de nos cafés préférés (les oeufs Bénédicte étaient un délices/). Nos deux gros bidons en avant, nous marchions lentement, transpirant sous le soleil de plomb, jusqu'à cette rue au nom exotique où les magasins de thé et de nouilles au bœuf poussent comme des champignons!

Après le repas, nous avions décidé de visiter une maternité un peu particulière, mon amie voulait un accouchement le plus naturel possible dans une structure plus intimiste. On avait trouvé sur internet cette clinique " la clinique du bébé heureux" un peu excentrée mais différente de ce qui se fait d'habitude (pour la petite histoire, elle a finalement accouché là 3 mois plus tard).

Arrivées là-bas, j'en ai profité pour prendre RDV avec une de leur gynéco pour mon suivi du troisième mois et puis pour lui parler des fuites étranges de la nuit dernière. Rien d'alarmant, probablement bébé qui appuie trop sur ma vessie.

Avant le fameux RDV, j'ai pris le temps de faire un tour à Ikea juste à côté et j'ai acheté des parures de lits orange et blanches, un coussin à langer pour bébé et quelques bêtises. 


Je marche... beaucoup.


18 heures, mon RDV. J'explique mon cas. La doctoresse se fige et me dit d'aller m'installer tout de suite dans la pièce à côté. Ce que j'exécute. 

Test.
Mine grave de la gynécologue.

"Madame, ce n'est pas de l'urine mais du liquide amniotique, je n'ai pas le matériel nécessaire pour vérifier si votre bébé est en danger, il faut partir d'urgence à l'hôpital le plus proche!"

Je quitte la clinique avec mes sacs Ikea au bras, je hèle un taxi, je grimpe dedans. 
J'appelle mon homme.

Arrivée aux Urgences de l'hôpital qui sera ma seconde maison pendant presque 2 mois, je flotte, c'est étrange. Ce n'est pas vraiment moi, si?

Nouveau docteur, nouveau test.
" Madame, étant donné le niveau du liquide amniotique, vous avez 80% de chance d'accoucher dans les 15 jours, on va tout de suite vous conduire dans une chambre où vous resterez jusqu'à nouvel ordre "

Sonnée, la future maman
Ébranlé, le futur papa


C'était cette journée-là le 2 octobre il y a deux ans. 


4 commentaires:

  1. Oui, déjà deux ans. Mais bon, en deux années, tu as vu le chemin de fou qu'on a fait? Et vous pareil! :)

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  2. Très joli article, j'aime beaucoup comme tu racontes cette dernière journée.

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    1. Merci Magicitrouille! Et moi de te féliciter pour le super nouveau design du blog! J'adore! Et les derniers articles sont fort en émotion, pas la même que mon article, plutôt l'inverse, l'impatience qu'il arrive enfin! :) Et moi aussi je suis impatiente pour toi et Kaellie. J'attends chaque jour, le petit message...

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