14 avr. 2018

Ulysse 21 mois

Ça faisait longtemps que je n'avais pas refait un billet sur Ulysse et son évolution, ce sont des billets qui me tiennent à cœur car on oublie vite à ces âges-là ce qui se passe vraiment, la routine, les petits mots rigolos, les habitudes, les difficultés. Quoi que... les difficultés laissent peut-être une empreinte  plus indélébile dans notre mémoire!

Retour en arrière...

Camille avait fêté ses 21 mois en juillet 2014, c'était l'été de nos premières vacances en famille dans le Vaucluse, on avait trouvé qu'il avait beaucoup grandi ce mois-là. Il parlait beaucoup, faisait 1000 bêtises, ne voulait jamais de chapeau sur sa tête, prenait beaucoup de risques (intrépide!), et ne pouvait passer une journée sans son doudou. Il avait passé une année à la crèche et il était fidèle à lui même: PLEIN D'ENERGIE! J'avoue qu'il me fatiguait pas mal avec des réveils à 6h/6h30. Je ne pouvais pas le quitter des yeux car il pouvait courir loin, loin, loin ou aller dans les coins les moins faciles d'accès - un enfant téméraire! Et à la maison, on était sur des bêtises à gogo (mais j'étais peut-être aussi plus hésitante sur ce qu'il pouvait ou ne pas faire... ). Camille est un enfant solaire, passionné, entier, spontané, intense.










Ulysse aura 21 mois le 14 avril 2018


Ulysse aussi a beaucoup évolué ces dernières semaines. Il me semble que je gère beaucoup mieux l'énergie de ce petit deuxième. On dirait de lui qu'il est de bonne composition, plutôt mondain et de plus en plus indépendant, il se décolle de moi avec beaucoup d'assurance. La petite nouveauté du mois de mars c'est qu'il a été gardé avec son frère sur un temps d'après-midi et de soirée (donc le coucher!) et qu'il a passé le test haut la main sans pleurer. Pour moi, ça prouve qu'il est capable de vivre sa vie (son frère était toujours là, ce qui facilite beaucoup les choses). Un autre essai sur un temps de midi sans son frère cette fois me prouve qu'il s'en sort comme un grand! Nous avons engagé deux baby-sitters qui se complètent à merveille dans les temps de garde et dans leur personnalité.



Ulysse pourrait jouer aux petites voitures et autres véhiculent des heures durant, il les aligne sur le bord de la table ou du canapé et il dit: "TU TUUUUTTT!". Parfois, il s'énerve et il jette tout par terre en criant, c'est souvent le signe qu'il a besoin de repos ou que sa couche n'est pas propre. Je lui dis: Je vais changer ta couche, viens! Et il tourne vigoureusement la tête: " Noooooonnn"!

 


Il ne demande pas après moi pour jouer à ses véhicules mais depuis 1 ou 2 mois, il vient chaque jour et plusieurs fois par jour me demander de lui lire une histoire. Souvent la même: La petite Taupe. Mais aussi les histoires du loup et celle du lapin qui se fait croquer les oreilles par le renard. Il est absolument dingue de l'histoire de Roule Galette en CD, on l'écoute dans la chambre et il s'assoit face au poste, subjugué par les voix, les chants.




Petite taupe ouvre-moi la porte


Il y a quelques jours, j'ai retrouvé une vieille boite de CD où j'avais rangé tous mes vieux CD de l'époque de mes 20 ans quand je vivais en Chine et à Taiwan. J'ai fait une trouvaille fabuleuse, un CD jamais écouté où il est écrit: "Chansons d'Okinawa" (donc en japonais...), nous l'avons mis dans le poste et là, la magie a opéré. La transe de mes enfants n'avait d'égale que mon émerveillement! Depuis ce jour, le rituel est le même, ils dansent comme des dingues (nus c'est mieux!) en se jetant sur les matelas au sol! Après chaque bain, le soir, j'y ai droit! Et gare à moi si je ne les laisse pas avoir un moment de nudité dansante! Je crois que cette image de mes enfants riant et dansant sur ce fond de musique japonaise sera un des moments les plus heureux de ce début d'année.

Tous les soirs, on danse!


Au niveau du langage, il babille encore beaucoup et semble parler dans sa propre langue, je distingue depuis peu: Y a pas, J'aime Pas, A peur!

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Les journées d'Ulysse

Ulysse se lève à 7h30/8 heures et se couche vers 20h30 (j'essaye depuis quelques jours de le coucher en même temps que Camille et ça fonctionne!). Il boit son biberon du matin de 240/270 ml sur moi (moment de câlins).

Il passe sa matinée à jouer aux voitures, faire de la pâte à modeler ou colorier, lire (beaucoup). A part pour la lecture où je suis forcément à côté de lui, il peut passer beaucoup de temps sans moi. J'ai un oeil sur lui, toujours, mais il ne me demande pas. Nous sortons en général vers 10 heures pour une balade au parc de la Tête d'Or ou au parc de jeu à côté de l'école de Camille (le mercredi et le vendredi matin par exemple où nous allons chercher Camille à 11h30 à l'école). Il court comme un fou après les pigeons , les canards ou les oies en criant. Il ADORE remonter le toboggan à l'envers et je l'y encourage ( mais priorité à ceux qui descendent!). Il essaye de rentrer en contact avec des enfants mais ses babillages les laissent souvent perplexes! En tous cas, il va de l'avant, ni très sociable ni très timide, il sourit, il observe, il suit aussi son frère.








Ulysse a bon appétit! Il mange entre 11h30 et midi. Ses plats favoris sont: les vermicelles en soupe, les pâtes à la bolo (j'y mets des carottes et des pdt), le riz, la semoule, le poulet, le poisson pané (que je fais moi-même de temps en temps), les tomates crues, les carottes crues, les concombres. Nous avons eu une grosse phase de soupe l'hiver dernier mais ça ne lui dit rien depuis maintenant. Il mange aussi ses yaourts aux fruits, au chocolat et des compotes. Il adore le pain à grignoter dans la poussette sur le chemin de la maison. Il mange plutôt bien avec sa fourchette, je peux le laisser entièrement autonome mais à mes risques et périls. He he!


Parfois à poussette et parfois à porte-bébé




Une petite sieste entre 13 heures et 15 heures 30 parfois plus, parfois moins. Et le réveil, toujours un peu grognon, il a besoin d'un énorme câlin avant de repartir pour son temps de jeu. Mais déjà, c'est l'heure d'aller chercher Camille à l'école. Si le temps est chouette, on reste au parc encore une heure et on rentre un peu avant 17h30.

Un mercredi après-midi au parc de la Tête d'Or


Grand bonheur dans les flaques



Retour à la maison, il regarde un dessin-animé avec son grand-frère (Peppa Pig, Tro tro, Oua Oua... des trucs de petits pas trop énervants mais parfois Camille pousse pour avoir sa dose de Zig et Sharko). Je ne diabolise pas les écrans mais on fait très attention au contenu et au temps devant les DA.



Les frères prennent leur bain ensemble, dans l'immense douche. Je mets une mini-baignoire et une bassine et il joue pendant une vingtaine de minutes. Moments de complicité ou de disputes, au choix. Puis la danse de la nudité!

Je prépare alors mon repas et le calme revient (parfois à grands cris de maman fatiguée!). Nous mangeons vers 19h/19h30. Entre-temps, papa est arrivé et c'est l'effusion de câlins et la montée de l'excitation...!

A 20 heures, nous retournons tous dans la chambre pour les lectures et le bibi du soir. Je m'allonge près de lui une quinzaine de minutes (nous dormons sur des matelas au sol - il n'a jamais eu de lit à barreaux).on écoute la même berceuse depuis sa naissance et il s'endort encore de temps en temps à moitié sur moi... Je me retire de la chambre vers 20h30 parfois 21 heures le week-end.


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Vacances de printemps chez mamie


25 mars 2018

La randonnée

Si vous me connaissez un peu vous savez que je n'ai jamais été une grande randonneuse, enfin si ! J'aime bien me promener, flâner, contempler et j'ai des  milliers d'heures de marche à mon actif dans quelques grandes villes d'Asie! Par contre, marcher vraiment avec des chaussures de rando sur des chemins de rando, je ne l'ai jamais vraiment fait (exception faite de cette randonnée épique sur la montagne EMEI dans le Sichuan où nous avons descendu des marches d'escaliers et des sentiers pendant 3 jours avec deux Slovènes, hum... autant vous dire que je ne savais plus marcher après cette expérience). Anyway, je ne suis pas ce qu'on appelle une randonneuse née!

Et pourtant... quel plaisir j'ai eu lors de notre marche avec des amis de Villefranche-sur-Saône quand ils nous ont fait découvrir la voie du Tacot, un chemin de campagne traversant le village de Jarnioux jusqu'au Cosset!

Au début de ce mois, nous nous sommes revus comme promis pour partager un temps en famille dans le Beaujolais (magnifique région collinaire située au nord de Lyon). Il était convenu de se retrouver à Jarnioux et de faire une marche comme ils en ont l'habitude avec leurs enfants.  Les participants: Papa grand randonneur, maman pas mal non plus (elle est modeste mais il y a du niveau) et deux enfants de 6 et 3 ans plutôt grands marcheurs. De mon côté, il faut savoir que j'ai une sacré équipe de râleurs/jveuxpasmarcher/mamanlesbras/mamanlapoussette/jemarchemaisjemarcheàdeuxàlheure. 

Jusqu'à présent, Camille n'a jamais été un gros marcheur (d'ailleurs la trottinette est sa meilleure amie lorsque nous sortons sinon ça promet pas mal de râlages sur le retour). Petit, il demandait beaucoup les bras, même sur de courtes balades, il voulait rapidement être porté s'il n'y avait pas d'autre intérêt de que de marcher (à savoir: pas de pigeon ou d'animaux en tout genre à poursuivre). Camille a  deux vitesses: l'arrêt ou la course. Entre les deux, il saute en me tirant sur le bras (et il n'y a rien au monde de plus agaçant lorsqu'on marche, essayez!). J'exagère un peu mais il y a du vrai dans ce que je dis. 

Ulysse s'en sort pas trop mal mais du haut de ses 20 mois, il ne tient pas encore sur la longueur. C'est donc légèrement inquiète que j'ai commencé la marche: Ulysse dormant dans le porte-bébé sur moi et Camille très grognon au réveil qui se cachait derrière la jambe de son père au lieu de faire connaissance avec les nouveaux copains. Hum...

Les gros nuages gris et blancs faisant place au soleil de l'après-midi, nous avons commencé à bien profiter de la beauté du paysage et de la vue sur le village.



Quelques paroles échangées plus tard avec mon amie, nous voyions déjà les deux grands garçons commencer une partie de "Go find it", un jeu de cartes très chouette qui permet aux enfants de partir à la chasse aux trésors d'éléments de la nature. Camille et son petit copain (de son nom d'indien cheveux longs!) étaient très motivés de trouver tquelque chose d'énorme, de doux, de vert, de piquant... La petite soeur bouclette n'était pas en reste et suivait parfaitement bien les deux meneurs de jeu. Quand à Ulysse, il se réveillait plus tard pour marcher un peu mais bien vite il passa de bras en bras sur le reste du chemin. 

Un super jeu pour les enfants dans la nature

La marche est passée très vite et déjà deux heures s'étaient écoulées lorsque nous sommes revenus à notre point de départ. Je n'en revenais pas moi-même d'une telle performance et pourtant je savais que pour eux, c'était une petit marche classique du week-end, nous n'avons encore rien vu! Moi j'étais un peu essoufflée à la fin.



Le chemin en lui-même était un vrai bonheur, après les étendues toutes plates du Nord, l'homme et moi étions ravis de voir un peu de relief, des chemins de forêt, des prairies, des sentiers plus étroits mais surtout des couleurs superbes! Tout était lumineux, dans les tons ocres et dorés sur fond de grands arbres verts foncés et de belles pierres. C'est exactement ce dont j'avais besoin depuis notre arrivée ici et c'est exactement ce que je veux refaire dans les prochains mois: découvrir la région et ses villages, la nature, marcher, respirer l'air frais et voir les enfants se fatiguer, se salir, être heureux. 

Après l'effort, le réconfort d'une maison et d'un goûter pris entre amis, des discussions qui peinent à se terminer, des enfants qui jouent à l'infini.. mais déjà, il est tard, et nous reprenons la route pour Lyon avec des images plein la tête de toutes ces découvertes de l'après-midi et de récits de vacances des copains. Un bol d'air frais et des nouveaux copains (avec des bières!), dites-moi s'il existe quelque chose de plus réjouissant?

24 mars 2018

Février - Sud - vacances chez mamie

Le vendredi 9 février débutaient les vacances scolaires de la zone A en France, à 14 heures tapantes, j'embarquais mes deux dragons et ma valise dans la voiture (Camille n'a pas d'école le vendredi après-midi, ce sont les TAP) et je priais pour qu'ils dorment un peu tous les deux sur un bout de chemin entre Lyon et l'Hérault. Le bercement de la voiture juste après le repas fait des miracles sur les petits zenfants. Ils sont tombés comme des mouches juste avant la sortie de Lyon. J'avais dégainé mon arme secrète (non, pas du Xanax quand même!): les comptines. Alors, c'est vrai que ça rend marteau (surtout papa) mais moi je supporte, je suis même une grande amatrice de petites chansons qu'on chante à la maternelle (c'est un peu le gros fantasme de ma vie: chanter devant des enfants, chut, on ne se moque pas). L'homme n'étant pas là, les comptines ont tourné assez longtemps.

L'autoroute en direction du sud me rappelle des dizaines d'aller-retours que je faisais avec l'homme il y a 12 ans de cela, lors de nos études à Lyon. J'adore dire "je descends dans le sud", j'adore voir le paysage changer après Montélimar, quand on commence à prendre l'énorme virage à droite vers Barcelone. Lorsque la garrigue apparaît, ça y est, j'y suis... je suis revenue en pays d'Oc, chez moi. 

Mes parents n'ont pas été de grands voyageurs, je peux donc dire que le petit village de l'Hérault sur la butte entouré de vignes est bel et bien celui de mon enfance mais aussi de la leur. Un village que j'ai été heureuse de quitter à 18 ans quand je suis partie faire mes études à la grande ville (Montpellier!), et que des années plus tard, j'ai été heureuse de retrouver. Il faut dire que passer son adolescence dans un village c'est pas une franche partie de rigolade, même si je garde un oeil attendri de cette période, je me suis souvent ennuyée (mais c'est peut-être le lot de tous les adolescents qui se cherchent).

A 17h40 précise, j'étais sur le canapé du salon chez ma mère, les enfants avaient déjà pris possession des milliers de jouets que ma mère planque dans les placards et je poussais un long soupir de soulagement avant de me jeter sur la bouteille de rouge et le saucisson (c'est les vacances). 

Je suis restée là avec les enfants une dizaine de jours à ne rien faire, mais alors vraiment cette fois, je n'ai rien fait et je n'ai même pas prévenu les amis que j'étais là, je n'avais même pas l'envie de commencer à fragmenter mon temps pour arriver à voir tout le monde. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai été un peu "égoïste". Il y a eu quelques visites à ma belle famille bien sûr, l'anniversaire de tatie Elsa, la balade  sur la plage et dans la garrigue avec Mamie J et le chien qui a fait le grand grand bonheur de Camille. Quand l'homme est arrivé pour le week-end, nous avons été chez nos amis de Bassan, petit village près de Bézier. Leurs enfants ( 7,5 ans et 3 ans ) et les nôtres ( 5,5 et 1,5 ) s'entendent à merveille, les deux grands font leur vie dès le moment où nous mettons le pied chez eux, la troisième les suit parfois dans leurs jeux ou choisit la compagnie d'Ulysse selon l'humeur, Ulysse quoi qu'il en soit se régale de l'animation, de la vie qui règne dans cette maison. La cuisine de maman philippine est une tuerie et le copain d'enfance de l'homme un vrai mec sympa/drôle/attentionné. Que dire... sinon que nous passons toujours d'excellents moments chez eux. Fana de jeux, de grandes discussions existentielles et d'apéro, notre journée s'articule gaiement sur ces trois piliers et des repas.

Le reste des vacances s'est passé dans la maison familiale ( Petit rappel: maison de mes grands-parents paternels légués à mon frère et moi au décès de ceux-ci, redessinée par ma belle-soeur et retapée par un entrepreneur ami d'enfance pendant 15 mois avant de devenir la maison de ma mère ), la maison en question transpire de tranquillité, de confort (ma mère a inventé le mot cozy). Entre petits plats concoctés pour nous ou sorties toutes simples dans le village et les environs, nous avons bullé comme jamais. 

C'était le temps de l'insouciance avant le dur retour à la réalité 10 jours plus tard où la grisaille et le froid de la région lyonnaise ont eu raison de mon moral. Retour au constat que rien n'avance si je ne me décide pas à me bouger sérieusement les fesses. 

Dans le sud,  je me suis laissé porter par la douce nostalgie de l'enfance, regardant mes enfants faire les mêmes choses que je faisais petite: lécher le plat de la pâte à crêpes, faire des sucettes au caramel dans des coquillages, ramasser des insectes pour faire un vivarium improvisé... Le reste du temps, je passais la soirée à regarder des photos ou mes vieux cahiers de maternelle en m'extasiant sur mes travaux, je lisais aussi beaucoup (premier tome d'Outlander - absolument délicieux) et je regardais fièrement ma mère jouer sans relâche avec les enfants, sans jamais perdre patience, sans jamais crier, sans jamais gronder. Au diable tous ces sites de parents bienveillants qui ont trouvé la voie divine de l'éducation! Ma mère, sans avoir lu une page sur le développement de l'enfant, fait les choses de manière naturelle... Et vous voulez connaître le secret ? (Il paraît qu'il y en a un hein mais je vous le donne en mille, en fait non, pas du tout mais si ça permet à certains de devenir maîtres de l'univers...). Elle est juste "avec" eux, vraiment, elle joue, elle parle, elle devient  est une enfant, elle ne les force pas à faire des choses qui ne plaisent qu'aux adultes (du style, fais plaisir à mamie), elle écoute. Oui, je sais ce que vous allez me dire, elle peut être comme ça car c'est une mamie et que lorsqu'on est maman, on peut pas tellement jouer toute la journée. Oui! Mais justement, elle est loin d'être parfaite mais elle n'a pas la prétention de détenir la vérité suprême sur les enfants. Et du coup, tout ça, c'est drôlement déculpabilisant quand on essaye d'être une maman parfaite et qu'on pète un peu les plombs voyez-vous.

Allez, je finis la parenthèse "révolte", c'est le jeu quand on passe un peu de temps sur les réseaux sociaux mais je crois qu'il y a des moments faut savoir dire stop et se rendre compte qu'à force de vouloir être parfaits dans tous les domaines, on se met trop la pression et on craque. Et moi, ces derniers temps, j'ai bien pété les plombs à plein de niveaux alors cette pause de "prise de tête" chez ma mère, cette petite parenthèse dorée, ça tombait bien à pic pour décompresser après le début d'année déménagement/emménagement/déballage/ré-adaptation. 

Pour finir sur une note positive, en attendant des destinations plus exotiques, nous retournerons passer une belle semaine en avril à la cool, grand privilège de s'être rapprochés de plus de 700 km!

Ulysse et sa grande passion pour les véhicules

La vue depuis la fenêtre du salon le soir



5 janvier 1987 - j'avais 5 ans

La maison d'en face, la lumière du soir



Quand les copains viennent manger des crêpes



En revenant du boulot, une mamie fatiguée

Il fait presque chaud sur la terrasse, on y reste un moment tous les jours

Mon grand garçon, le sourire ravageur

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Joie d'enfant

Avec tonton, découverte de la Super Nintendo - Mario

Mamie J habite près de la mer, elle nous emmène un matin ensoleillé sentir la brise

Plage du mail de Rochelongue au Cap d'Agde



Nouvelle passion?

Un chien, un petit enfant infatigable!



Garrigue chez mamie J







  


Chez les copains

La fine équipe



Balade dans les vignes de Pomérols






22 mars 2018

Premières impressions à Lyon

Il me semble que notre vie dans le Nord est terminée depuis une éternité, c'était pourtant il y a à peine 9 semaines. 

Nous sommes partis une nuit de janvier à deux, mon bébé et moi, c'était la grande aventure: rouler de nuit sur des routes sombres du Nord, traverser des départements inconnus au bataillon, arrivés dans un hôtel sobrement appelé " Le Montréal " avec mon grand bébé endormis à 22 heures passées. Puis une deuxième journée de route, plus longue, plus compliquée pour Ulysse qui a commencé à chouiner. Nous sommes finalement arrivés chez une vieille amie de Master. Sa maison à Villefranche-sur-Saône a été le tout premier contact avec ma nouvelle vie lyonnaise. Les retrouvailles furent très agréables et comme je l'avais prédit nous nous sommes revues deux fois depuis et nos rencontres sont toujours très chouettes. Ça matche bien entre nous! Une bouffée d'oxygène et d'amitié pour nous deux mais aussi pour les enfants dont je reparlerai bientôt.

Je me souviens de mon arrivée à Lyon vers la cité internationale, je me souviens de m'être dit que ce paysage serait bientôt une scène connue de mon quotidien, je me souviens que c'était beau de voir le relief vu du bord du Rhône. Quelle belle ville! Je me souviens qu'il faisait assez gris ce jour-là. J'ai retrouvé ma mère devant la porte de l'immeuble tout au bout de la rue de Créqui et nous sommes montées avec Ulysse dans un appartement encore vide. Les déménageurs sont arrivés une heure plus tard et petit à petit, l'appartement s'est rempli de meubles et de cartons. Ma mère s'est démenée toute la journée pour ranger, organiser, nettoyer, faire du Tetris avec nos affaires. J'ai senti un peu la lourdeur des prochaines semaines à la vue de ces montagnes d'affaires entassées un peu partout. De l'excitation mêlée à de l'impatience et un poil de terreur aussi. L'homme et Camille sont arrivés tard le soir de cette première journée, à bouts de nerf pour le premier, endormi pour le deuxième. Je me souviens de l'air un peu "satisfait" de Camille quand il est arrivé pour la première fois chez lui (sa 4ème maison déjà).

Le quotidien a beaucoup changé. Nous vivons en appartement, je ne prends quasiment plus ma voiture sauf pour aller chercher des courses une fois par semaine (d'ailleurs, parlons-en tiens des courses, c'est encore bien le bazar de ce côté-là, je n'ai pas encore vraiment trouvé ma routine et entre L*clerc, A*chan et L*ddle, je m'y perds. J'avais mes habitudes bien rodées à Lompret. Dans le 6ème il me tombe un bras à chaque fois que je rentre dans une supérette!), je marche beaucoup BEAUCOUP, je suis toujours à poussette avec mon Ulysse qui bloque les voitures comme jamais. Je prends le bus, le métro, je me perds dans le quadrillage urbain. La Poste, la boulangerie (la meilleure du 6ème paraît-il), l'école, le parc devant l'église et l'autre plus loin vers le métro, voilà c'est ça... c'est ça mon quotidien. 

La journée s'écoule avec les petites choses de tous les jours comme elle s'écoulait à Lompret sauf que... pour le moment ici je n'ai pas d'ami-e-s chez qui aller à n'importe quel moment. Alors heureusement qu'il y a des applications magiques qui permettent d'entendre des voix amies, des supers copines lointaines qui tous les jours m'envoient de bonnes ondes de courage, une tonne d'amour et des questionnement sur la vie, le couple, les enfants, la pédagogie, la nouveauté, les voyages... Mon dieu, que serai-je sans ses voix? Sans ce soutien inconditionnel. 

Le soir, l'homme rentre et parfois je suis tellement déçue de ne pas pouvoir lui raconter des choses plus exaltantes sur ma journée. C'est le syndrome de la femme au foyer puissance 1000. Lui, semble avoir le poids du monde sur les épaules et je sais qu'il ne me dit pas le quart de la moitié de ses angoisses et problématiques quotidiennes car c'est un homme et que cet homme-là ne se plaint pas. Alors quand il a fini de lire l'histoire du soir de Camille et que j'ai réussi la tâche complexe de coucher ce deuxième diablotin, je vois ses épaules qui affaissent et son air "est-ce qu'on va y arriver?" puis un sourire, de gros soupirs de fatigue alors on s’enlace en se disant qu'on est une équipe et qu'on y arrivera. 

Il n'y a rien de facile dans les débuts d'une nouvelle vie, on est heureux d'avoir sauté le pas, d'avoir quitté une région qui ne nous correspondait pas, de s'être rapprochés de nos familles, de retrouver une ville qu'on connaissait et qu'on aimait déjà il y a longtemps mais il faudra peut-être encore quelques mois avant de nous dire " c'est chez nous" et " Et si on restait vraiment longtemps?". Il y a les espoirs, les doutes, les insomnies, les angoisses, les joies, les problématiques, les mélanges d'émotions qui nous tiraillent.

Déjà, après 2 mois, on voit se dessiner des petites choses. Camille semble s'être bien adapté à l'école et ma mutation a été acceptée dans le département. Concrètement, je devrais avoir un poste à la rentrée prochaine. Ulysse n'est toujours pas en crèche, nous n'avons pas eu de place pour la commission de mars, on attend celle de juin. J'ai trouvé deux personnes pour garder les enfants le soir, nous commencerons donc à sortir un peu dès la semaine prochaine. L'homme est à San Francisco pour la semaine et je me réjouis de le revoir dans deux jours pour connaître ses succès.

Nous entrons dans le printemps... j'ai le sentiment que l'hiver est infiniment long cette année (il a bien neigé au début de février!), que le froid est saisissant, glacial, polaire, mordant. Je n'en peux plus de ce temps, de ce vent! Dans deux semaines commencent les vacances scolaires, après un week-end un peu spécial dont je ne dirai rien pour le moment, nous partirons quelques jours dans le sud comme nous l'avons fait en février. Une fois tous les deux mois, c'est une bonne moyenne. C'est le luxe d'être ici: mettre les enfants dans la voiture, une valise pour nous trois, le CD de comptine et 3 heures et demi de route plus tard, me retrouver avachie dans le salon de ma mère, dans mon petit village de l'Hérault, le petit paradis de mon enfance.

Quelques photos de ces débuts:

Ulysse, à l'hôtel le Montréal

Un peu fatigués mais contents de se lever

Le petit-déjeuner de l'hôtel

Ma mère et Ulysse dans l'appartement vide

Premier bain

Premier matin sur la table de jardin (lol)

l'emménagement



Premier repas du soir

Les pélicans du parc de la Tête d'Or


La visite de papi et mamie des Cévennes le deuxième week-end

Nouveau terrain de jeu pour les voitures

Une découverte à chaque sortie

On commence à voir de la complicité entre-eux

La prochaine fois, avec un peu de courage, je parlerai de nos magnifiques vacances de février dans le sud et comme il a été dur de repartir après un tel apaisement de l'âme! A bientôt.